FLoC et le monde après les cookies

FLoC et le monde après les cookies

Vous êtes peut-être tombés sur plusieurs articles abordant ce sujet : Le FLoC. Si vous n’avez saisi de quoi il s’agissait, et les intérêts que ce thème soulève, alors cet article est pour vous. Voyons ce qu’est ce FLoC et le monde après les cookies qui est en train de se décider actuellement.

« Federated Learning of Cohorts« . Voilà ce que signifie l’acronyme FLoC. Initiative de Google pour contrer l’utilisation révolue des cookies sur le web.

Mais c’est quoi le FLoC ? C’est une solution algorithmique d’ores et déjà mise en place par Google pour répondre à la problématique suivante : « comment cibler la publicité en ligne sans l’utilisation de cookies ?« .

Mais sa mise en place et son déploiement total sur le web pose souci à de nombreux acteurs. A commencer par WordPress, qui s’oppose à ce nouveau système de traçage par groupage profilaire. On vous en dit plus sur le fonctionnement du FLoC un peu plus bas dans l’article.


Cookies et traçage numérique

Depuis la démocratisation de l’utilisation des cookies, nombreux ont été à la fois les entreprises à exagérer du système, et les personnes à porter plainte pour usage abusif de ces mêmes cookies.

Avec des réglementations comme la RGPD, des lois ont été mises en place. Mais le souci de la vie privée reste très présent et n’a jamais été aussi menacé.

Aubaine commerciale pour les entreprises, véritable « flicage » pour les défenseurs de l’anonymat online, le débat autour du traçage numérique bat son plein actuellement.


L’enjeu : trouver une façon éthique de pouvoir utiliser commercialement les centres d’intérêts des internautes

La fin d’une ère

C’est en fait la fin de l’ère des cookies tiers tels qu’on les connait que l’on est en train de vivre.

Trop d’abus, trop peu d’homogénéisation de la part des sites web… Les causes sont multiples. Mais c’est surtout la question de la frontière entre les infos que l’on veut donner délibérément et les infos qui sont trop personnelles qui se pose.

Pour certains acteurs, il faut trouver une façon éthique de pouvoir utiliser commercialement les centres d’intérêts des internautes. Sans quoi, c’est un web extrêmement totalitaire ou lissé par une entité malsaine qui pourrait voir le jour. Ces mêmes acteurs prônent donc l’intérêt public d’une publicité libre sur le web. Et quand on sait qu’une pub personnalisée rapporte x2 par rapport à une qui ne l’est pas… On comprend les intérêts de certains.


Le principe de FLoC

Le principe de FLoC est le suivant : au lieu d’établir une fiche-type pour chacun des internautes, Google propose (et déploie déjà) de tirer les internautes par groupes ayant un historique de visite de sites web, et donc d’intérêts, en commun. On n’est plus, en terme de traçage comme infine en terme de publicité pour les annonceurs, en one-to-one mais en one-to-few.

Google compte procéder de la façon suivante : assigner à chaque site web quelques tags, quelques labels, bref quelques étiquettes permettant de cibler de quoi ledit site web traite. Ainsi, l’algorithme de Google dressera sur un laps de temps de 7 jours glissants, un profil-type, qu’il viendra greffer à d’autres personnes du même type pour ainsi créer un groupe. Lequel pourra faire une taille se comptant en milliers voire en centaine de milliers de personnes.

Google affirme qu’il arrivera à 70% de justesse de ciblage.

Par contre, en ce qui concerne les personnes ayant des intérêts de niche, ou qui ont des recherches SERP très hétéroclites, là ça sera compliqué pour le ciblage de Google, et donc pour l’affichage publicitaire.

Ce que propose Google avec FLoC c’est de créer un fichier genre carte de visite de l’internaute, qui sera fourni à chaque site web lors de l’arrivée de l’internaute sur sa page web. Sur cette fiche sera détaillé les intérêts consultés par l’internaute en question. Et donc la publicité s’ajustera en fonction.

C’est en fait finalement un peu le même principe sauf qu’on ne parle plus de cookies… Du pareil au même donc ?


Que Google tire les leçons de l’ère du traçage pour créer un web fait pour l’internaute et non pour l’annonceur

EFF, 2021

FLoC et le monde après les cookies

Ce qui est sûr, et qui est d’ailleurs complètement généralisé, c’est la grosse perte de confiance en le système actuel. Système à la fois publicitaire et de gestion de respect de la vie privée.

Google déclare même constater une hausse de 50% des recherches sur le web en matière de sécurité online. Ce qui prouve bien que les internautes ont conscience de ce qui se passe à leur sujet.

Il est donc très urgent de prendre part à ce débat qui érige les fondement d’une publicité à la fois efficace et éthique. Qui a dit utopiste ?

Electronic Frontier Foundation (EFF) pointe d’ailleurs du doigt le projet de Google et appelle l’entreprise « tirer les leçons de l’ère du pistage » et finalement d’être l’acteur d’un web nouveau, libre et anonyme, en construisant un « système fait pour l’internaute et non fait pour l’annonceur. »

Rien que ça.  


Les anti-FLoC

De nombreuses entreprises, WordPress en tête de liste, se dressent contre cette solution. Ils refusent que les internautes soient fliqués contre leur gré. Même s’il serait possible de désactiver FLoC, encore faudra t-il le faire manuellement et nombreux seront ceux qui ne seront même pas au courant qu’ils sont en train d’être surveillés à leur insu.

Les cookies sont toujours de mise pour le moment, et ce jusqu’en 2022. Mais la grosse question qui est posée actuellement est : quel web est en train de dessiner pour les années et décennies à venir ? Quid de la vie privée ? Quid de la publicité, qui permet aussi à de nombreux sites de vivre ?

Pour nous, trois scénarios sortent du lot :

1. Google organise une grande farandole où tout le monde se tient la main en chantant dans le meilleur des mondes. Dans ce cas-là la pub ciblée et personnalisée disparait et c’est le retour du CPM et de l’affichage display classique.

2. Google n’organise pas de grande farandole où tout le monde se tient la main. Et déploie plutôt son FLoC sur le Net en désindexant les sites qui militent pour sa désactivation. Ainsi la pub personnalisée continue, mais avec un discours officiel faisant état du respect de la vie privée alors qu’il n’en sera réellement rien.

3. Google n’organise pas lui-même la farandole mais propose aux autres de l’organiser et de l’y inclure. Ainsi, c’est le web, les internautes, W3B, EFF, etc., qui rédigent une charte du traçage publicitaire éthique dont Google devra se nourrir pour mettre en place sa régie.

Alors, le mastodonte Google imposera t-il sa vision à tous ? Ou sera t-il à l’écoute de la demande pour abandonner FLoC et le monde après les cookies et toute l’ère du traçage abusif qu’elle aura représentée ?

C’est tout l’enjeu du sujet de FLoC ces temps-ci.

Pour étoffer vos connaissances sur le sujet, voici les sources exploitées pour rédiger cet article : lesnumeriques.com, zdnet.fr, macg.co, clubic.com


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